Interview

Chloé

Nous avons souhaité associer ces trois savoir-faire (piloter, accompagner, former) parce qu’ils s’alimentent entre eux. Le fait de mener des projets en même temps que d’accompagner des acteurs ou de les former, nous permet de rester en prise avec l’actualité de nos pratiques professionnelles. Nous transmettons des savoirs vivants et en mouvement.

Nadia

Nous aimons l’idée d’allier théorie, technique et pratique. Pour acquérir la théorie, il nous semble particulièrement efficace de passer par la pratique. C’est en faisant que l’on apprend et que l’on mémorise le mieux. Nous avons tous fait cette expérience : en utilisant un outil, nous l’intégrons et nous nous l’approprions, ainsi nous le transformons et l’adaptons si besoin.

Chloé

Et ça vaut aussi pour nous !
Nous avons plus de douze ans d’expérience dans le domaine culturel, nous maîtrisons des outils qui ont fait leurs preuves. En revanche, savoir déconstruire et refaçonner, est selon nous un gage de professionnalisme. Il nous semble important d’être nous-même une organisation apprenante, toujours en renouvellement.

Nadia

Pourquoi vouloir créer des passerelles entre le secteur culturel et les entreprises?
Parce que nous voyons bien que les représentations mutuelles sont souvent réductrices ou erronées, et font obstacle à des collaborations qui pourraient être enrichissantes. La question est souvent abordée sous le volet économique et financier, et dans ce domaine nous avons sans doute encore à inventer pour faire les choses autrement !
Mais on s’interroge moins sur ce que l’artiste peut offrir à l’entreprise. Quand c’est le cas, c’est abordé en envisageant les artistes comme des animateurs d’événements, des faire-valoir, ou pour améliorer des techniques de communication.

Chloé

Alors que, selon nous, quelque chose peut se jouer sur le fond, par des échanges de pratiques professionnelles sur des questions qui se recoupent souvent. Nombreuses sont les entreprises qui cherchent à « booster la créativité », la capacité d’invention de leurs équipes. C’est justement le cœur de métier des artistes !
Bien que le milieu culturel n’ait pas l’apanage de la créativité, il a une grande expérience, un vrai savoir-faire pour innover. Les artistes ont cette faculté de prendre des risques, de s’éloigner des chemins balisés. C’est quelque chose qui devrait parler à beaucoup d’autres domaines professionnels. En fait, nous voulons que ces deux environnements professionnels se rencontrent en leur donnant des occasion de réaliser des choses ensemble.

Nadia

Proposer un projet culturel lors d’un temps fort de l’entreprise c’est offrir aux salariés l’expérience d’un processus de création, permettre à la richesse individuelle de s’exprimer, et surtout, vivre une aventure à l’énergie fédératrice et enthousiasmante. Et pas simplement créer un événement original ou ouvrir davantage les salariés à des formes artistiques contemporaines.

Chloé

Derrière cette volonté de rapprochement il y aussi l’envie depuis toujours dans nos parcours de partager le plus largement possible les œuvres et les démarches artistiques. Le monde du travail est un cadre idéal pour toucher des gens qui ne feraient pas spontanément la démarche d’aller vers l’art. La population active, c’est 56,7% de la population française !
Pour nous, le cadre professionnel est le meilleur lieu après l’Ecole pour toucher tout le monde.
Loin de nous l’idée de porter la bonne parole, de vouloir que tous se rallient à la cause culturelle, nous voulons simplement donner le choix aux gens.

Nadia

Notre réseau artistique, nous le tenons de nos parcours. Il recouvre plusieurs champs artistiques dans des esthétiques contemporaines variées. Ce qui caractérise, avant tout, les artistes avec qui nous travaillons c’est leurs expériences de ce type de projets. Ils aiment mener ces projets et ils y trouvent du sens.
Notre réseau n’est pas composé que d’artistes, il s’étend à d’autres métiers de la création, de l’action culturelle, de la recherche. Cela nous permet de nous appuyer sur des compétences plurielles.

Chloé

Finalement, ce qui fait l’identité de 99,98°C, c’est à la fois nos trois pôles d’activité, l’attachement à la notion d’intérêt général, nos compétences, nos outils, et aussi notre façon de faire : l’humain. Nous défendons sincèrement une approche qui prenne en compte les personnes. À chaque fois, nous nous déplaçons sur le terrain de l’autre, pour lui porter une vraie attention.